S’est tenu, ce lundi 20 septembre, une conférence à l’OCIPE sur le thème du secteur minier en République Démocratique du Congo (ci-après RDC). Celle-ci s’inscrivait dans le cadre du projet “Relational Peace Advocacy network” qui vise à promouvoir la responsabilité sociétale des entreprises extractives œuvrant dans les pays en voie de développement.

Nous profitions de la présence de notre partenaire congolais, le Père Ferdinand Muhigirwa SJ, directeur du CEPAS à Kinshasa, et d’un collègue, Jean-Pierre Kabulu Djibu, coordinateur d’”Agir en Chrétiens Informés-RDC” pour inviter nos partenaires politiques, des compagnies et de la société civile à venir débattre des enjeux du secteur minier au Congo.

Ferdinand Muhigirwa a posé le contexte général en nous entretenant de la bonne gouvernance du secteur minier en RDC et JP Kabulu Djibu a précisé un aspect important en détaillant l’impact sur l’environnement des activités extractives au Katanga. Une séance de questions-réponses a ensuite permis de clarifier certains points et d’échanger avec le public.

Ferdinand Muhigirwa a énuméré 10 exigences relatives à la bonne gouvernance du secteur extractif au Congo:

  1. Adoption d’un contrat type appliqué à toute transaction minière;
  2. Publication des contrats renégociés;
  3. Établissement d’une cartographie minière nationale pour identifier l’ensemble des sites et les activités industrielles ou artisanales qui y sont exercées;
  4. Développement de procédures de traçabilité et de certification des minerais (à l’étude actuellement pour la cassitérite, le coltan, le cobalt et le cuivre);
  5. Arrêt du financement des groupes armés par l’exploitation illégale des minerais;
  6. Respect des droits humains par les groupes armés et les forces armées congolaises; réforme de la police et de l’armée nationales;
  7. Lutte contre l’évasion fiscale et soutien de l’initiative EITI;
  8. Organisation en coopératives et défense des artisans miniers notamment via l’attribution de suffisamment de carrés miniers à ce type d’exploitation;
  9. Évaluation et suivi du contrat chinois;
  10. Révision du Code minier de 2002, soutien des initiatives de la SADEC pour uniformiser les législations minières en Afrique Centrale, du projet PROMINES de la Banque Mondiale et de la CIGL pour lutter contre l’exploitation illégale des minerais des Grands Lacs.

Trois recommandations d’ordre général ont clôturé l’exposé du Père Muhigirwa qui a insisté sur l’importance de favoriser la transparence, le climat des affaires et les investissements publics et privés dans le secteur extractif congolais.

Jean-Pierre Kabulu Djibu a illustré, cartes à l’appui, l’impact environnemental du secteur minier au Katanga. Il a ainsi notamment détaillé trois conséquences principales des activités extractives dans la Province:

A l’heure actuelle, les concessions minières couvrent pratiquement l’entierté du territoire katangais. Quelle place reste-t-il pour le développement des villes, les creuseurs artisanaux et l’agriculture?

La mine de Shinkolobwe et l’exploitation de l’uranium katangais illustre bien l’intérêt porté exclusivement au sous-sol de la Province alors que l’hinterland minier est pauvre et nourri par la végétation locale. Si la déforestation se poursuit, la terre sera encore appauvrie et moins apte à l’agriculture;

Ces 20 dernières années, de multiples routes ont été construites pour permettre l’accès aux carrés miniers et permettant de ce fait d’atteindre des forêts jusque là protégées, il y a un risque réel de déforestation au Katanga.

Nos deux conférenciers ont apporté un regard congolais sur les réalités du secteur extractif en RDC et insisté sur les initiatives de la société civile européenne susceptibles de favoriser une meilleure gouvernance, davantage de transparence et d’éthique pour soutenir le développement durable de l’économie congolaise.

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